En résidence: Brice Catherin

En résidence: Brice Catherin



Le Flux Laboratory accueillera l'artiste Brice Catherin du 10 janvier au 28 février 2022 qui travaillera sur son projet intitulé Ripe.

Ripe raconte l’histoire d’un artiste, Brice Catherin, qui vieillit. Mais ce vieillissement n’est pas une malédiction, c’est un apprentissage. Brice apprend du, progresse avec, et embrasse le vieillissement. Son corps vieillit mais sans tristesse ni amertume. Au contraire, il vieillit et bondit, tombe, glisse, rebondit, roule : il vit plus que jamais.

Mais son corps est aussi celui d’un violoncelliste classique, et après quelques minutes de danse dans Ripe, déjà épuisé par la danse, il joue le premier mouvement de la Sonate de Kodaly2, réputée pour être une des pièces les plus difficiles du répertoire pour violoncelle. Puis il redanse, et, plus épuisé encore, il joue le second mouvement. Puis il re-redanse, et, complètement épuisé, il joue le troisième mouvement, le plus long et le plus difficile.

Plus qu’une histoire d’épuisement ou une histoire de conflit entre le jeune Brice Catherin (violoncelliste classique) et le Brice Catherin quarantenaire (performeur, improvisateur, danseur), il s’agit d’un jeu, entre ce qu’il a été (et ne cessera jamais d’être), c’est-à-dire un violoncelliste classique à la discipline de fer dont le métier est de transmettre des partitions anciennes, et ce qu’il tente de devenir, c’est-à- dire un artiste libre, improvisant sur scène et dans sa vie, créant de nouvelles histoires. La friction de ces deux pratiques (la pièce romantique écrite et la danse contemporaine improvisée) et leur incompatibilité physique (comment jouer une pièce si dure en étant épuisé ?) devient une sorte de remake conceptuel de Rocky VI3 dans lequel Brice se battrait contre lui-même. Comme le boxeur et philosophe le dit : “La question n’est pas de savoir si tu peux cogner fort, mais si tu peux te faire cogner fort [par la vie], et continuer à avancer”.

De cette situation extrême et un peu absurde, surgissent un tas de questions : Comment se transforme la sonate de Kodaly ? Quelle beauté surgit de ces contraintes particulières ? Comment le son, le phrasé et l’énergie nécessaire à l’interprétation sont-ils altérés par la pratique de la danse ? Comment la danse, improvisée et résolument contemporaine, se nourrit-elle d’une pièce de répertoire, fixe et inaltérable, mais qui est elle-même le témoignage de la radicalité de son époque (1915) ?

Un spectacle de Brice Catherin (musique, danse, co-création)
Jonathan O'Hear (scénographie et co-création)
Ioannis Mandafounis (chorégraphie, méthodologie et co-création)