En résidence: DAI Choreographer

En résidence: DAI Choreographer



La Fondation Fluxum est heureuse d'accueillir en résidence le robot DAI* (Dancing Artificial Intelligence) du 2 mars au 26 juin 2020.

Créé par Jonathan O'Hear (concepteur du projet, perception et mouvement de DAI), Martin Rautenstrauch (sculpteur mécanique du corps de DAI), et Timothy O'Hear (ingénieur diplômé EPFL et architecte de l'intelligence artificielle de DAI), l'existence de DAI a commencé comme proposition pour performanceprocess à Bâle, en 2017, au sein de la Cie Neopost Foofwa.

L'exposition, initiée par le Centre culturel Suisse - Paris se voulait une approche subjective de la performance suisse des années 60 à nos jours. En réfléchissant à l'importance des artistes suisses d'hier et d'aujourd'hui, les trois créateurs de DAI ont commencé à se demander comment l'avenir pourrait être façonné. Ils voulaient faire quelque chose qui irait au-delà du présent pour tenter d'entrevoir un des avenirs possibles pour l'art de la performance et jeter un regard rétrospectif sur le présent depuis ce point de vue hypothétique. 

En cherchant ce qui pourrait influencer le performatif au cours des 60 prochaines années, les créateurs de DAI ont trouvé que l'intelligence artificielle et la robotique étaient susceptibles de jouer un rôle important.

La partie 1 du projet a été réalisée entre 2017 et 2019. DAI a appris par lui-même à bouger dans l'espace et le temps. Il découvrit sa corporalité et se confronta à son environnement. Il s'agissait principalement d'établir les mouvements qui composeront les bases de son vocabulaire chorégraphique. 

La partie 2 commencera par une résidence à la Fondation Fluxum, DAI explorera les liens entre ce qu’il voit - ​ses sources d’inspiration et ce qu’il sait faire - ​son bagage chorégraphique​. Il apprendra à créer une chorégraphie en se servant des mouvements explorés jusque-là. Il regardera et s'inspirera de différents contenus vidéos (chorégraphies existantes, parades d'oiseaux, flux de piétons, machines, insectes, flux de data, ses propres caméras....). Il développera ainsi un mouvement qui lui est propre. Il sera capable de danser une interprétation du monde transposée à sa propre physicalité; s'appropriant la danse à travers ce processus.

Au cours de la résidence à la Fondation Fluxum, le processus de travail sera présenté autant que les performances de DAI en proposant une série de représentations et en ouvrant le travail au regard du public.

DAI n’a pas une forme humanoïde simplement parce qu'il s'agit d'un robot et même si un jour il acquiert une volonté propre ou encore une conscience, il demeurera autre-chose qu’humain, avec d’autres limites que les nôtres. Les créateurs espèrent ainsi favoriser la réinterprétation plutôt que l'imitation directe tout en nous distanciant de l’anthropomorphisme. L’art humain restera une référence pour DAI, une source d’inspiration, mais les créateurs ne souhaitent pas que ce soit un objectif ou l’étalon de mesure de son succès.

Les créateurs de DAI pensent qu'il est nécessaire de créer des IA de ce type, qui seront prêtes à s'interroger sur ce qui les entoure et qui, à travers leurs expériences, évolueront différemment de celles façonnées par, et se conformant aux exigences de l’économie de marché.
Ils ont choisi la performance comme premier moyen d'expression pour DAI parce que le corps est central à la compréhension du monde.

Par la suite, la troisième partie du projet approfondira la question de la conscience incarnée et la quatrième partie interrogera l’ubiquité à travers la multiplicité des corps.

*Un robot / Une intelligence artificielle. En attendant que DAI ait une préférence.